La collection réunit deux ensembles d'œuvres en verre qui traduisent des époques et des expressions différentes: la création ouvrière locale au 19e - début 20e siècle et la création artistique internationale contemporaine.
e parcours commence avec les œuvres historiques du musée, rassemblées dans trois salles « boîtes-écrin ».
La première « les bousillés 1802-1937 » présente, à la manière d'un cabinet de curiosités, la très riche collection d'objets familiers ou fantaisistes, pièces uniques créées par les ouvriers des verreries de Sars-Poteries.
La seconde salle « Louis Mériaux ou la genèse du musée » retrace l'histoire du MusVerre et le rôle essentiel de son fondateur dans l'histoire du verre en France.
La troisième salle « vers la création contemporaine » offre un panorama d'œuvres en verre d'artistes internationaux au milieu des années 1980.
Le parcours se poursuit en rez-de-jardin avec une sélection d'œuvres contemporaines présentées dans un environnement ouvert et lumineux et dans quatre alcôves à l'ambiance intimiste.
Mathilde Lusso
France, 1997
Enchanté - 2022
Verre soufflé et verre filé
Collection Cerfav
(Centre européen de recherches et de formation aux arts verriers)
Diplômée en 2023 du Cerfav, le Centre européen de recherches et de formation aux arts verriers, Mathilde Lusso poursuit son travail artistique autour d'un motif, semblable à des circonvolutions cérébrales. Avec ce motif qu'elle reproduit, duplique, réplique de manière aléatoire, elle cherche à s'émanciper de la feuille et du dessin pour tendre vers de nouveaux supports, tel que le verre. Désormais en volume, ce motif, souvent ramené à un ornement, devient sculptural et évolue librement dans l'espace.
Enchanté, c'est l'histoire d'une rencontre... Composée de gouttes soufflées, entremêlées et suspendues, son œuvre nous raconte l'histoire de deux âmes, deux entités, deux auras, deux énergies qui s'accordent.
L'artiste souhaite raconter cet instant, insaisissable, révélant avec poésie les échanges invisibles, réels ou surnaturels, de ce moment intime. À travers un jeu de reflets, de transparence et d'ombres, ce dialogue prend alors une dimension onirique et sensible.
Karen Lamonte
Curtain, 2009
verre moulé don de l'artiste
Les bousillés
Les bousillés sont des objets créés par les ouvriers verriers avec tout leur savoir-faire et leur créativité, pendant leur temps de pause.
De 1802 à 1937, Sars-Poteries bruisse de l'activité des verreries.
Elles produisent principalement du flaconnage et de la gobeleterie et emploient environ 800 ouvriers.
Sur leur temps libre, les verriers utilisent, avec l'autorisation du directeur, le matériel de production pour « bousiller » le verre. Ils créent des objets personnels, sans vocation marchande, pour eux-mêmes ou pour offrir. Ils rivalisent de dextérité et de virtuosité pour réaliser des objets uniques, pleins de fantaisie et de vie, chefs-d'œuvre du quotidien.
Dans l'élaboration de ces objets à usage domestique, décoratif ou plus rarement rituel, les verriers développent tout leur imaginaire, font chanter les couleurs et les formes, expriment leur joie de créer.
Objet de farce et attrape. Lorsqu'on recevait un invité, on lui disait : « soufflez par le museau, elle chantera par la queue ! ». La souricette étant remplie d'eau, celui-ci avait le visage éclaboussé.
Selon la tradition, « on venait prendre le café chez un verrier, on repartait avec le sucrier. »
Objets en verre soufflé, taillé, purement décoratifs, réels exploits techniques. Selon la tradition, le mot « revanche » marque la supériorité de la dextérité technique des ouvriers verriers sur le savoir intellectuel.
Trois boules de rampe d'escalier
verre soufflé, doublé ou triplé, taillé à froid
Lampe à pétrole monumentale
Florent Vinck père (1828-1895), Florent Vinck fis (1882-1838), Joseph Posis
Cet objet est un cadeau des ouvriers de la verrerie pour la mariage du directeur Henri Imbert avec Marie-Louise Deharveng, le 16 février 1882. La lampe réalisée en cachette témoigne du respect et de l'affection des ouvriers pour leur patron. Elle est remarquable par sa taille, sa complexité technique et par l'attention portée aux détails.
Chope gravée « Charles Lecat » et « n°17 », n° de tirage au sort de ce conscrit
Presse-papier avec insigne de l'armée australienne, souvenir du passage des troupes de ce pays à Sars-Poteries pendant la Première Guerre mondiale, en verre travaillé à chaud, avec inclusions de verre coloré ou de sujets en céramique. Don Tonneau / don Merlin
Ensemble d'épis de faîtage contemporains
Témoins de l'histoire verrière de Sars-Poteries, les épis de faitage constituent désormais un patrimoine local à conserver et à transmettre.
Depuis 1999, le musée perpétue la tradition en soufflant de nouveaux épis de faîtage en verre afin de refleurir, comme le souhaitait Louis Mériaux, les toits des communes avoisinantes.
Au milieu du 20e siècle, la création verrière internationale connaît un renouveau grâce aux pionniers du mouvement Studio Glass.
Les artistes conçoivent et réalisent sans intermédiaire des œuvres uniques. Ils sortent des ateliers industriels pour créer leur propre studio.
Le mouvement Studio Glass explose alors tant aux États-Unis qu'en Europe.
Dans le même temps, l'École tchécoslovaque développe un axe particulier de création de sculptures qui combinent formes géométriques et illusions optiques.
En France, l'art du verre est tombé dans l'oubli et ce n'est qu'au début des années 1980 qu'il renaît grâce à trois événements majeurs : l'exposition New Glass au musée des Arts décoratifs à Paris, le symposium à Sars-Poteries et la création du CIRVA à Aix-en-Provence.
Le MusVerre témoigne aujourd'hui de cette histoire par la présentation d'œuvres de ces artistes qui ont ouvert la voie vers la création contemporaine.
Le terme Studio Glass est apparu au Etats-Unis dans les années 1950 pour désigner du verre travaillé à chaud par quelques verriers cherchant à créer hors des industries et expérimentant la construction de petits fours dans des ateliers personnels.
Le début des années 1960 voit apparaître de plus en plus d'ateliers d'artistes indépendants. Le Toledo Glass Workshop, organisé en 1962 par Harvey Littleton fera sensation, prouvant que les artistes peuvent souffler du verre sans avoir de liens avec l'industrie. Harvey Littleton fut également le premier à mettre sur pied des formations universitaires dédiées au verre.
Dans les années 1970 et 1980, le mouvement s'accélère : de nombreuses formations sont ouvertes dans les universités, les expositions et les publications consacrées au verre s'intensifient, les artistes diversifient et élargissent le champ de leur pratique.
Cette vitrine vous présente quelques artistes américains emblématiques de ce mouvement de libération du verre aux Etats-Unis.




































