Le mystère de la chambre jaune


Depuis quelques temps nous nous posons des questions concernant une des deux chambres destinée aux jeunes hommes. Celle, dite la chambre jaune, qui était occupée par l'aîné, Jean Cavrois, conserve encore un mystère !

Comme dans le roman écrit par Gaston Leroux en 1907 : Le mystère de la chambre jaune.



Le document ci-dessus, superpose un dessin d'Alexandre Guillalmon et une photo de Robert Scheffler. Que se passe t-il si on soulève le croquis ?


Rien dites-vous ? En êtes-vous bien certain ?
Alors revenons en arrière remettons le dessin et ajoutons maintenant le cliché du Centre Canadien d'Architecture


Bien entendu, là tout de suite des différences sautent aux yeux. Il y a du mobilier en plus. Mais là n'est pas la question. Remarquez en haut au niveau du plafond, sur la photo en noir et blanc de 1934, on voit à peine cette partie du caisson.

Et c'est là que se situe le mystère ...

Mais avant de vous dévoiler, poursuivons un tour d'horizon de cette pièce. Que remarquez-vous sur ces trois clichés d'époque ?





Ce dessin ne vous donne pas une idée lumineuse ?
Voici d'autres indices avec ces deux plans (Collection privée ©)


Continuons le fil de cet énigme ... en suivant justement les fils


Oui, vous commencez à deviner. C'est un problème d'éclairage. Voici la suite du roman policier … qui devient aussi un roman photo !

Bizarre que cette pièce restaurée ne comporte pas, comme les autres, un éclairage indirect ou un éclairage au plafond. Bien sûr il pouvait y avoir des lampadaires sur pied ou des lampes de chevet comme en témoigne la présence de prises de courant derrière les lits. Mais tout cela est nettement insuffisant.

Comme on n’a pas de photos d’époque du plafond, la solution a été trouvée en se penchant dans les méandres du câblage électrique grâce à deux plans dont un dessin qui a été publié dans une demeure 1934.

Ci-dessous le réseau électrique du rez-de-chaussée y compris celui des pendules et des hauts-parleurs. Celui-ci montre clairement dans la chambre jaune, une source lumineuse au plafond (entourée en rouge) sensiblement en face de l'entrée de la pièce et sans doute à la limite du caisson.



Est-ce lumineux pour vous ?



Ce qui est qualifié " d'aquarium ", est en fait une vitrine dans laquelle était exposée les trophées et les coupes (le sport faisait parti des 7 qualificatifs de Robert Mallet-Stevens pour cette villa). 


Comme on le voit avec la restauration effectuée par Raphaël Armand, on trouve effectivement des appliques au niveau des têtes de lit, et des prises de courant qui pouvaient alimenter des lampes sur pied. Lors de la conférence qu'il a donné au sujet de cette remise en état des luminaires, il a pu nous confirmer que le projet d'exposer une maquette dans cette pièce n'a pas permis une restitution à l'identique.


Si des appliques ont bien été posées, il manque la boule en opaline du plafond !


Merci à Anita Leurent et Guy Selosse 
pour leur aide précieuse comme détectives !

Un agrandissement des plans de l'agence de Michel Goutal
montre bien un emplacement supposé pour ce luminaire (plafonnier C). 
Collection privée ©


En complément voici cinq photos prises lors de la rénovation qui montrent le passage des nouveaux câbles électriques, y compris au niveau du sol.






Jacques Desbarbieux © Amis de la Villa Cavrois