La Maison atelier de Victor Horta (1898)



La maison atelier de Victor Horta qui date de 1898, fut occupée par l'architecte jusqu'à sa vente en 1919 à son retour des Etats-Unis. Classée en 1963, elle est devenue le musée Horta ouvert depuis 1969.

L'extérieur


Située rue Américaine, la maison atelier de Victor Horta est composée de 2 parties. L'accès se fait dorénavant par la maison mitoyenne édifiée en 1900 par l'architecte Jules Brunfaut, ce qui a permis de libérer les espaces occupés par les services administratifs.

 

La maison, à gauche, avec sa façade est un peu plus large (6,69 m) que celle de l'atelier (5,81 m), Victor Horta ne respecte pas le parcellaire en incluant l'escalier de service. La construction utilise la pierre d'Euville et de Savonnières avec un soubassement en pierre bleue qui enracine la maison dans le trottoir du même matériau.


Le balcon, tout en ferronnerie, est boulonné dans la poutrelle du raz-de-chaussée et suspendu par des tirants métalliques aux trois consoles de pierre, doublées de fer, de la logette. Son sol est vitré, ainsi que la partie inférieure du garde-corps, à l'origine au moyen de verre américain coloré. Le sol vitré se prolonge au-dessus de la porte pour former une marquise de plan arrondi. Le garde-corps évoque des motifs d'iris s'entrelaçant sur les tirants métalliques.



Le bow-window du 1er étage avec son balcon ouvragé qui soutient la marquise de la porte d'entrée, destinée à protéger les visiteurs de la pluie ... comme aujourd'hui !



Au dernier étage le balcon avec sa ferronnerie en forme de libellule.



Du côté atelier, une grille protège la partie basse de la fenêtre, formée d'une résille de fer qui comporte en son centre un motif d'ailes. Cette fenêtre et sa grille – démantelées en 1911 par Horta lui-même et remplacées par la porte d'un garage qu'il aménage au rez-de-chaussée – furent reconstituées en 1993 par l'architecte Barbara Van Der Wee.










L'intérieur


Le vestibule de l'entrée principale donne sur une double porte décorée de vitraux Tiffany. Comme à la Villa Cavrois, l'ouverture donne accès à un décor magistral ! Sur la gauche, s'ouvre le vestiaire, avec son jeu de portes rabattantes.


La lumière jaillit dans cette entrée immaculée de marbre blanc de Carrare. A gauche, un petit siège d'attente, au pied la colonne d'un radiateur industriel décoré d'ailettes, positionné à la verticale. Au mur, les vibrations des rayures épousent le rythme des marches. Au niveau de la première volée, un astucieux vitrail éclaire la cage d'escalier de service située en arrière de ce hall majestueux. La deuxième volée de l'escalier débouche sur la salle à manger dont on aperçoit les courbes des boiseries de la porte d'accès en résonance géométrique avec les autres éléments.


Dans la salle à manger, des bas reliefs de Pierre Braecke, sur des murs en briques émaillées blanches, un matériau normalement utilisée pour l'extérieur. Au sol, entouré d'une mosaïque, un parquet central, plus accueillant pour les hôtes. Au fond, le salon construit postérieurement.
Intégré dans la table un téléphone, témoigne du côté précurseur de Victor Horta ! Mais aussi d'une grande dépendance à son travail, ce que lui reprochera son épouse, qui se désespérait également de la proximité de l'atelier. 


Le salon de musique au premier étage de l'habitation. Le canapé dissimule un radiateur sous son assisse. Dans la colonnade du fond se cache une petite trappe fermée par une porte. Sur la droite l'ouverture vers la salle à manger, située à un niveau inférieur. Il existe 11 niveaux différents dans la maison atelier.


L'accès à l'étage supérieur depuis le salon de musique. La porte vitrée surmontée d'un œil de bœuf diffuse astucieusement la lumière du jour dans la cage de l'escalier de service. A droite la porte d'accès à l'atelier. Au mur des cadres illustrés de dessins japonisants.


La ligne coup de fouet est présente dans la rampe accoudoir du canapé et au premier plan dans celle menant à l'étage supérieur.


Le puits de lumière au sommet de la cage d'escalier permet de diffuser un éclairage zénithal. Deux miroirs symétriques, en aile de papillon, reflètent à l'infini la structure métallique.


Victor Horta, utilise la récente invention d'Edison (1879). La lampe devient un bouton floral ou une corolle à l'extrémité d'une tige sur laquelle s'enroule le fil électrique comme une plante grimpante.


Le bureau de Victor Horta. Le papier peint est une création récente, comme pour sa chambre et la pièce de couture.


La chambre de Victor Horta


La salle de bains et le cabinet de toilette


La pièce de couture située à côté de la chambre noire.


La chambre d'amis est meublée avec les premières réalisations de Victor Horta. Cette pièce, ouvre sur le balcon du second étage, décoré d'une ferronnerie en forme d'ailes de libellule.


Victor Horta aménagea cette chambre pour sa fille Simone. Souvent dite fille unique, elle était en fait la seconde, son aînée Marguerite n'ayant pas dépassée la première année de vie.


Le vestiaire avec un accès en sas permettant grâce à un jeu de portes rabattantes d'orienter le visiteur vers  l'espace qui lui était destiné.


La cuisine


La porte fenêtre de la cuisine donne sur un puits de lumière. Les marches d'accès au jardin depuis le salon sont en verre pour assurer la transparence.